Kévin Bauché : « Il faut se bouger. La chance existe, mais il faut la provoquer. »

Kévin Bauché : « Il faut se bouger. La chance existe, mais il faut la provoquer. »Avant de devenir co-fondateur de Tonton Outdoor, Kévin Bauché était étudiant à l’Université Bretagne Sud à Vannes. D’abord à l’IUT de Vannes en Gestion des Entreprises et des Administrations, puis à l’IAE Bretagne Sud, où il poursuit son parcours en Licence puis en Master Marketing-Vente. Son parcours n’a pourtant rien d’une trajectoire toute tracée. Il s’est construit au fil des rencontres, des expériences et des opportunités saisies au bon moment.

De Vannes à l’entrepreneuriat

Après sa L3 à l’IAE Bretagne Sud, Kévin choisit de faire une césure et part six mois en Amérique du Sud, entre Chili, Couchsurfing et Woofing. Une expérience qu’il considère encore aujourd’hui comme particulièrement enrichissante. Avec un petit regret toutefois : s’il devait recommencer, il choisirait cette fois un pays anglophone.

« Il ne faut pas négliger l’anglais. »

De retour à Vannes, il poursuit son Master Marketing-Vente à l’IAE Bretagne Sud. Il se décrit alors comme un étudiant « dynamique », avec beaucoup d’envies, mais aussi un besoin de cadre.

Avec le recul, il mesure aussi ce que ses études lui ont apporté :

« Les études, ça vous pousse dans la réflexion. »

En 2015, une nouvelle étape commence. Son ami Maëlan Dahyot ouvre une franchise Sobhi Sport à Vannes. Kévin y réalise son stage avant de rejoindre l’aventure et de devenir co-gérant de plusieurs boutiques.

Il commence par le marketing et la communication, à une époque où le digital commence tout juste à prendre de l’ampleur. Puis les casquettes se multiplient : communication, vente, gestion… Une première expérience très concrète de l’entrepreneuriat.

Du Covid à Tonton Outdoor

La crise sanitaire constitue un véritable coup d’arrêt : fermetures des boutiques, activité fortement perturbée… et une prise de conscience.

Kévin et Maëlan comprennent aussi qu’ils ont une faiblesse : ils ne viennent pas du digital. Ils décident pourtant de s’y mettre, créent leur premier site sous WordPress et finissent par rouvrir leurs magasins.

« C’est à ce moment-là qu’on a compris que le digital était incontournable. »

Un an plus tard, ils décident de quitter la franchise et de créer leur propre marque.

Tonton Outdoor naît en 2021.

Le nom lui-même raconte un peu leur manière de faire. Proposé par Kévin, d’abord refusé par Maëlan, il finit par s’imposer. Ils le testent auprès de leurs proches, l’adoptent et décident de repartir de zéro pour construire leur propre histoire.

« Il faut qu’on ait une histoire à raconter. Il faut que ça vous anime. »

Depuis, l’entreprise a grandi : développement du digital, ouverture d’une boutique à Paris en 2024, puis à Nantes en 2025. En 2023, une levée de fonds de près de 5 millions d’euros accompagne cette accélération. Jean-Christophe Rigobert, entrepreneur local, rejoint également l’aventure comme troisième associé.

Grandir sans perdre la proximité

Face aux géants du sport et du e-commerce, Tonton Outdoor fait un autre choix : miser sur sa communauté.

Présence sur les courses et les villages de départ, échanges avec les pratiquants, événements, rencontres avec des athlètes… L’entreprise cherche à créer plus qu’une simple relation commerciale.

L’idée est de conserver, malgré le changement d’échelle, une ambiance familiale, accessible et proche des pratiquants. Une façon aussi de « ruser » pour exister face aux acteurs beaucoup plus importants du marché.

Cette proximité est devenue une véritable force pour la marque, au même titre que son développement digital.

L’humain compte aussi

Quand il raconte l’ouverture de la boutique parisienne, Kévin insiste d’ailleurs moins sur les chiffres que sur les rencontres qui ont rendu le projet possible.

« La relation humaine que vous allez lier avec les personnes peut tout changer, si vous y mettez tout votre cœur. »

Même chose lorsqu’il s’agit de convaincre un banquier ou un investisseur. Le projet compte, évidemment. Mais la façon de le présenter peut faire la différence.

« Peu importe le fond, faites attention à ce que vous présentez. Il faut soigner les présentations. »

Des conseils qui dépassent finalement largement le seul cadre de l’entrepreneuriat.

Un parcours à partager

Aujourd’hui, Kévin ne revient donc pas à l’IAE pour raconter une success story toute écrite. Il revient surtout raconter un parcours : celui d’un étudiant qui a bougé, voyagé, rencontré les bonnes personnes, saisi des opportunités et appris progressivement à entreprendre.

Avec Maëlan, son ami devenu associé, puis avec Jean-Christophe Rigobert qui a rejoint l’aventure, le projet a grandi sans perdre cette volonté de créer du lien et de faire les choses autrement.

Jeudi 10 septembre 2026, Kévin Bauché est revenu à l’IAE Bretagne Sud pour échanger avec les étudiants de la promotion 2026-2027. Aux côtés de Ranjit Saminadane, étudiant en L3 et président du Bureau des sports, il a partagé son expérience, ses choix, ses réussites mais aussi les obstacles rencontrés en chemin.

Pas de recette toute faite, donc. Plutôt quelques années d’expérience et un conseil simple à celles et ceux qui commencent leur parcours :

« Il faut se bouger. La chance existe, mais il faut la provoquer. »